DIEU SEUL EST LE MAÎTRE DE LA VIE

vendredi, 06 février 2015
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Réaction de l’OCVF à la décision de la Cour suprême dans l’affaire Carter

 

Le 6 février 2015 est un triste jour pour notre pays. La Cour suprême du Canada vient de déclarer inconstitutionnelle l’interdiction du suicide assisté et de l’euthanasie. Cette décision donne à réfléchir sérieusement. Le plus haut tribunal du pays s’oppose ainsi directement à la Loi de Dieu : « Tu ne tueras pas ». En fait, il donne à certaines personnes la permission de tuer. On ne saurait exagérer la gravité de la situation. Comment réagir comme chrétiens et comme citoyens?

Rappelons-nous d’abord que le Christ nous appelle, tous et chacun, à faire tout en notre pouvoir pour servir les plus vulnérables, pour éliminer la souffrance – mais jamais au prix de la vie, jamais en éliminant la personne souffrante. Jésus a été clair : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont les miens, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Et le pape François ne cesse de nous interpeller pour que nous cultivions la solidarité avec ceux et celles qui se trouvent dans les « périphéries » de la société – les faibles, les personnes handicapées, les marginalisés – les plus vulnérables. En d’autres mots, il nous demande de prendre plus au sérieux l’appel qui nous est adressé de nous aimer les uns les autres!

Liberté de conscience

Dans son jugement dans l’affaire Carter, la Cour fonde sa décision sur de fausses notions d’autonomie et de dignité humaine; ces mots sont utilisés de façon à affaiblir sérieusement le bien commun. Que fait-elle alors de l’autonomie et des droits des médecins qui risquent de subir des pressions pour offrir l’ « aide médicale à mourir » (quel euphémisme!)? Que fait-elle des droits des citoyens opposés à « l’aide à mourir » qui seront désormais forcés de financer, à même leurs impôts, l’élimination de leurs voisins?

En cette heure critique, plus qu’à tout autre moment de l’histoire de notre pays, nous avons comme citoyens et comme chrétiens l’obligation morale de défendre les libertés de conscience et de religion garanties par la Charte canadienne des droits et libertés. Notre inaction pourrait entraîner des conséquences terribles.

Lois restrictives

Dans la foulée de ce jugement de la Cour suprême, on peut s’attendre à ce que l’euthanasie soit bientôt sérieusement proposée comme solution de fin de vie dans nos systèmes de santé surchargés. En 2011, le Comité parlementaire sur les soins palliatifs et soins de compassion a pourtant constaté que 71% des Canadiens et Canadiennes souhaitaient plus d’investissements dans les soins palliatifs. Il est donc temps de demander à nos élus fédéraux de travailler (1) à limiter les dommages causés par le jugement de la Cour suprême en élaborant ou en soutenant des lois restrictives, et (2) à élaborer ou soutenir des lois qui accorderont la priorité à l’allocation de ressources pour l’amélioration des soins palliatifs au Canada.

Soins palliatifs

Nous sommes à une croisée des chemins. Il nous faut choisir quel genre de pays nous voulons, en nous rappelant que le degré de civilisation d’une société se mesure à son attitude envers ses membres les plus vulnérables. Posons-nous quelques questions… Peut-on se sentir en sécurité dans une société dont les dirigeants nous ont libérés de la responsabilité de prendre soin de nos frères et sœurs, en autorisant certains d’entre nous à tuer? Combien de temps faudra-t-il avant que l’on vous considère « de trop » ou « inutile »?

Opposons-nous à l’euthanasie et au suicide assisté! Pour vous renseigner et pour être en mesure d’aider les membres de votre famille, de votre paroisse, et vos collègues à comprendre en quoi consistent des soins de fin de vie qui éliminent la souffrance sans éliminer la personne souffrante, découvrez la campagne « Un amour qui donne vie » de l’OCVF. Comme chrétiennes et chrétiens, nous avons tous l’obligation de former notre conscience et de défendre la vie.

 

L’Organisme catholique pour la vie et la famille est parrainé conjointement par la Conférence des évêques catholiques du Canada et le Conseil suprême des Chevaliers de Colomb.