SOINS PALLIATIFS: Un chemin sûr pour éliminer les demandes d’aide médicale à mourir

lundi, 21 décembre 2015
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Commentaire de l’OCVF au sujet du Guide par intérim sur l’aide médicale à mourir du CPSO

 

Nous apprécions l’invitation du Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario (CPSO) à commenter son Guide par intérim sur l’aide médicale à mourir (Interim Guidance on Physician-Assisted Death).

L’Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) s’oppose avec vigueur à l’aide médicale à mourir (un euphémisme pour l’euthanasie et le suicide assisté). Nous sommes également extrêmement préoccupés à l’idée que les médecins canadiens seront contraints de répondre positivement aux demandes que leur adresseront des patients en quête d’aide médicale à mourir. 

Dans ce contexte, le concept de choix sera vidé de sens si des soins palliatifs ne sont pas facilement disponibles pour les Canadiens. Nous estimons donc qu’il est essentiel de rendre les soins palliatifs accessibles à tous les citoyens qui en ont besoin. En fait, nous recommandons au CPSO d’encourager ses membres à faire tout en leur pouvoir pour éliminer les demandes d’aide médicale à mourir. Pour y parvenir, il faudra offrir aux Canadiennes et Canadiens malades et mourants  un contrôle efficace de la douleur et un accompagnement humain et spirituel rempli de compassion, sans oublier que l’euthanasie, le suicide assisté et l’acharnement thérapeutique n’ont rien à voir avec les soins palliatifs.

Le Guide par intérim mentionne déjà les soins palliatifs comme option de traitement. Nous suggérons au CPSO d’en faire sa priorité. Il s’agit d’une simple question d’humanité et de véritable souci pour le bien-être des malades. Nous exhortons le CPSO à demander avec insistance au gouvernement fédéral de mettre en œuvre les recommandations du Comité parlementaire sur les soins palliatifs et les autres services d’accompagnement, contenues dans son rapport intitulé « Avec dignité et compassion – Soins destinés aux Canadiens vulnérables »(2011).

Objection de conscience

Un élément du Guide par intérim du CPSO est particulièrement alarmant : l’obligation imposée aux médecins qui sont moralement opposés à l’euthanasie et au suicide assisté de référer leurs patients à une tierce partie prête à répondre positivement à leur demande d’aide médicale à mourir.  Cette complicité forcée est une violation des droits de la conscience et de la liberté de religion, pourtant tous deux garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.

Dans son Message à l’occasion de la Journée mondiale de la Paix (1er janvier 2016), le Pape François nous invite « à accomplir des actions efficaces pour améliorer les conditions de vie des malades, garantissant à tous l’accès à des soins médicaux et aux médicaments indispensables à la vie, y compris la possibilité de soins à domicile ».

Et il ajoute : « Il y a de multiples raisons pour croire en la capacité de l’humanité à agir ensemble, en solidarité, dans la reconnaissance de sa propre interconnexion et interdépendance, ayant à cœur les membres les plus fragiles et la sauvegarde du bien commun. Cette attitude de coresponsabilité solidaire est à la racine de la vocation fondamentale à la fraternité et à la vie commune. »

Puissent ces mots inspirer le CPSO. La légalisation de l’aide médicale à mourir mine et affaiblit la confiance en notre capacité d’agir en solidarité les uns avec les autres. Cette confiance est encore davantage ébranlée lorsque l’on sape le respect dû aux droits de la conscience. Nous défendons le droit de toute personne engagée dans les professions médicales d’agir en conformité avec sa conscience et  ses convictions religieuses, et nous invitons le CPSO à faire de même.

Le 18 décembre 2015