L’euthanasie et le suicide assisté : pourquoi pas ?

samedi, 31 octobre 2009
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Lif-011 F

S i l'on se fie à certains sondages, les trois-quarts des Canadiens et Canadiennes seraient favorables à la légalisation de l'euthanasie. Ce qu'ils craignent par-dessus tout, c'est de devenir un fardeau en voyant un jour leur vie indûment prolongée dans la souffrance.

Vu l'immense confusion qui règne autour de l'euthanasie, il est légitime de questionner ces statistiques et certains sondages non fiables. Il y a fort à parier qu'une majorité de citoyens et citoyennes changeraient d'opinion s'ils étaient convenablement renseignés.

Un lobby très efficace s'amuse toutefois à jouer avec les mots et les émotions pour promouvoir euthanasie et suicide assisté. À tort, certains parlent par exemple d'euthanasie « passive » pour décrire la cessation de procédures médicales futiles. Dissiper la confusion et redonner aux mots leur signification réelle devient urgent. Savoir reconnaître aussi les déguisements donnés aux mots « euthanasie » et « suicide assisté » : interruption volontaire de la vie (IVV)... Aide active à mourir... Aide médicale à mourir (AMA)... Mort médicalement assistée...

En tout premier lieu, il importe de faire une claire distinction entre euthanasie et refus d'acharnement thérapeutique (voir la réponse-éclair no 3). Quand la mort s'annonce imminente et inévitable, il est parfaitement légitime de refuser des procédures médicales qui sont disproportionnées par rapport aux résultats espérés ou qui sont trop lourdes pour le patient et sa famille.

Mais qu'est-ce au juste que l'euthanasie? L'euthanasie consiste à tuer volontairement une personne, avec ou sans son consentement, soit par une action, soit par une omission. En tuant la personne, on veut éliminer tous les aspects de sa vie, y compris sa douleur, sa souffrance ou le sentiment d'humiliation qu'elle éprouve d'avoir besoin d'aide. La personne qui commet une euthanasie doit, pour une raison ou pour une autre, avoir l'intention de tuer l'autre et doit causer sa mort.

Quant au suicide assisté, il s'agit du geste de se tuer soi-même avec l'aide d'une autre personne qui nous fournit le moyen pour y parvenir. Nous ne pouvons pas nous limiter à discuter ces enjeux à partir des principes abstraits et des lois. Il nous faut être conscients qu'il y a ici, littéralement, une question de vie et de mort. Si nous sommes attentifs à la loi naturelle – cette loi inscrite dans la conscience de tout être humain et qui commande de protéger la vie et de ne pas tuer – nous comprendrons la nécessité de rejeter l'euthanasie et le suicide assisté, qui sont des symptômes de l'idéologie de la mort. C'est le seul choix raisonnable que puisse faire une société qui veut bâtir l'avenir sur une culture de la vie et s'assurer que perdure une civilisation véritablement humaine.

Cette responsabilité commune suppose que chacun et chacune de nous arrive à proposer, sur une place publique largement sécularisée, une vision des choses respectueuse de la vie et de la dignité humaine. Il nous faut prendre la parole de façon convaincante en fondant nos raisonnements sur des arguments naturels. Il nous faut bâtir ensemble une barrière sociale contre l'euthanasie et le suicide assisté.
Les réponses-éclairs proposées ici se veulent justement des répliques aux principaux arguments mis de l'avant par les promoteurs de l'euthanasie et du suicide assisté. En conclusion, la perspective chrétienne sur les délicates questions de la souffrance et de la mort permettra à ceux et celles qui le désirent de mieux saisir la dignité inaltérable de la personne humain.

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