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Le mariage est une institution naturelle célébrée depuis des temps immémoriaux et reconnue par toutes les cultures. En tant qu’alliance d’amour pour la vie entière entre un homme et une femme, à l’exclusion de toute autre personne, le mariage est le fondement le plus solide de la famille, elle-même unité de base de la société.
Le bien du couple, ainsi que la procréation et l’éducation d’enfants, constituent les objectifs de cette alliance qui garantit aussi une continuité entre les générations et des modèles parentaux impliquant un père et une mère.
Il est dans l’intérêt public que l’État accorde un traitement privilégié au mariage entre un homme et une femme. Les gouvernements portent la responsabilité d’encourager ce type d’union, puisque l’homme et la femme qui se marient assurent un avenir à la société en lui donnant de nouveaux citoyens. Leur mariage constitue, plus que toute autre forme d’union, l’environnement idéal pour l’épanouissement des enfants.
Par ailleurs, les enfants ont le droit prioritaire de naître d’un acte d’amour entre leur mère et leur père, de connaître leurs parents biologiques, d’être élevés par eux et de vivre en communion profonde avec eux. Il arrive parfois que cet idéal ne puisse se réaliser et que des enfants soient élevés avec amour par une mère et un père adoptifs. Les enfants ont besoin de la double figure de l’homme et de la femme, qui jouent auprès d’eux des rôles différents et complémentaires cruciaux dans leur processus de croissance et dans la structuration de leur personnalité.
Les époux : collaborateurs de l’Amour
Ni l’État ni les religions n’ont inventé le mariage ni déterminé ses composantes naturelles. Ils n’ont fait que réglementer une réalité qui existait bien avant eux, reconnaissant par-là que les caractéristiques inhérentes à cette réalité —la stabilité du couple, ainsi que la procréation et l’éducation des enfants— assuraient le bien commun de la société.
C’est Dieu qui est l’auteur de l’institution naturelle du mariage. En créant l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance, Il a inscrit en eux une vocation à l’amour et à la communion. On lit dans la Genèse: « Aussi l’homme laisse-t-il son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et ils deviennent une seule chair » (Gn.2,24). Le mariage est l’alliance par laquelle le couple forme une communauté de vie et d’amour qui leur permet de collaborer au projet d’amour de Dieu sur l’humanité.
Venu vivre parmi nous, le Christ – Dieu fait homme – a voulu marquer l’importance fondamentale du mariage en l’élevant à la dignité de sacrement. Il en a fait le signe de son propre amour pour l’Église et de l’Alliance nouvelle et éternelle, qu’il a scellée par son sang, entre Dieu et l’humanité. Saint Paul l’indique clairement dans sa lettre aux Éphésiens : « Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré pour elle » (Eph.5,25).
L’homme et la femme qui choisissent de se marier en Église, invitant ainsi Dieu à faire partie de leur union, savent qu’ils peuvent toujours compter sur des forces d’amour qui leur permettront de s’aimer comme le Christ aime l’Église. C’est pourquoi leur pacte d’amour conjugal sera total, fidèle, exclusif et fécond.
Redéfinition du mariage
Depuis l’été 2005, la loi canadienne n’accorde plus de reconnaissance et de protection particulières au mariage entre un homme et une femme. Le 28 juin 2005, le Parlement canadien a en effet adopté la Loi concernant certaines conditions de fond du mariage civil qui a redéfini l’institution du mariage pour la rendre accessible aux partenaires de même sexe.
Cette expérience de réingénierie sociale, qui dénature le mariage, divise les Canadiennes et Canadiens. Le Gouvernement Harper doit bientôt présenter une motion visant à rouvrir le débat sur cette question.
(Cette courte réflexion s’inspire largement du Mémoire soumis au Comité sénatorial des affaires juridiques et constitutionnelles par la Conférence des évêques catholiques du Canada, le 13 juillet 2005).
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