Initiative canadienne en faveur de la santé maternelle et infantile - Lettre au Premier ministre du Canada

lundi, 01 février 2010
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Le très Honorable Stephen Harper, C.P., député
Premier ministre du Canada
80, rue Wellington
Ottawa (Ontario)
K1A 0A2

Objet : Initiative canadienne en faveur de la santé maternelle et infantile

Monsieur le Premier ministre,

En juin 2010, le Canada aura non seulement le privilège d'agir à titre de président du G-8, mais il aura l'honneur d'accueillir les membres du G-20 au Sommet de Toronto. À cette occasion, le Canada aura l'opportunité de démontrer son leadership au plan mondial et de proposer des objectifs réalisables à court et à long termes.

L'Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) applaudit votre décision de promouvoir la santé maternelle et infantile à travers le monde. Le soin des pauvres se trouve au cœur de la doctrine sociale de l'Église catholique, qui soutient le droit des femmes de recevoir des soins de santé respectueux de leur dignité humaine. L'OCVF appuie avec enthousiasme votre objectif de procurer eau potable, vaccination et amélioration de la nutrition à toutes les femmes et à tous les enfants du monde, ainsi qu'une meilleure formation en obstétrique aux travailleurs de la santé.

Toutefois, une tendance erronée amène les pays occidentaux à inclure l'avortement parmi les moyens d'assurer la santé maternelle. Cette vision nuisible se fonde sur l'opinion que la seule façon de réduire la mortalité maternelle et infantile est de réduire le nombre d'enfants qui naissent. L'OCVF s'oppose avec vigueur à cette stratégie et tient à attirer votre attention sur le lien qui existe entre avortement et santé maternelle.

Le rapport du Forum économique mondial (FEM), intitulé « Measuring the Global Gender Gap", démontre que l'Irlande – le pays possédant les lois anti-avortement les plus restrictives – présente le taux de mortalité maternelle le plus bas dans le monde avec un décès pour 100 000 naissances vivantes. Par contraste, le Canada et les États-Unis – pays où l'avortement est accessible sans restriction – présentent des taux relativement élevés de mortalité maternelle avec sept et 11 décès par 100 000 naissances vivantes. Cette constatation s'applique à travers le monde dans les pays restreignant légalement l'avortement ; par exemple, les taux de mortalité maternelle sont beaucoup plus bas dans l'Île Maurice, au Chili et au Sri Lanka que dans les pays voisins.

Bien que ces statistiques ne prouvent pas que des lois restrictives sur l'avortement réduisent les taux de mortalité maternelle, elles révèlent clairement que l'avortement n'est pas une solution à l'état épouvantable de la santé maternelle dans les pays émergents. Dans ces pays, les femmes ont plutôt besoin d'un environnement sécuritaire où donner naissance à leurs enfants, de soins obstétriques appropriés durant l'accouchement et de ressources post-natales. À ces conditions, elles pourront espérer survivre avec leurs enfants.

L'OCVF appuie donc l'objectif louable d'améliorer la santé des mères et des enfants de toutes nationalités et demeure confiant de voir le Canada guider les nations du monde dans cette voie. Ensemble, les membres du G-20 peuvent s'assurer qu'un plus grand nombre d'enfants atteignent leur cinquième anniversaire en compagnie de leurs mères.

Sincèrement,

† Mgr Gerald Wiesner, O.M.I.
Président du conseil d'administration
Évêque de Prince George