Commentaire sur le jugement pronocé dans la cause de Marielle Houle qui a plaidé coupable à l'accusation d'avoir aidé son fils Charles Fariala à se suicider

mercredi, 01 février 2006
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L'Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) apprécie les précautions prises par le juge Maurice Laramée au moment de rendre sa sentence dans l'affaire Houle, le 27 janvier 2006. Marielle Houle a plaidé coupable à l'accusation d'avoir aidé son fils Charles Fariala à se suicider.

D'une part, en n'imposant à l'infirmière à la retraite qu'une peine de trois ans de probation, le juge Laramée prend soin d'indiquer que son jugement ne doit pas être reçu comme un précédent.

D'autre part, tout en insistant sur le caractère unique de l'affaire Houle et sur le piètre état de santé de l'accusée, le juge Laramée rappelle que « dans l'état actuel du droit au Canada, aider ou encourager le suicide est inacceptable et illégal ». Le caractère immoral de ce geste ne fait pas de doute non plus, puisque toute vie possède une valeur intrinsèque et sacrée qu'aucune maladie ne peut amoindrir.

La souffrance psychique de Charles Fariala et l'amour de sa mère pour lui ne sauraient être contestés. Pour comprendre ce qui s'est passé, il faut considérer l'état de santé de Marielle Houle et le « lien émotionnel intense et fusionnel qu'elle entretenait avec son fils unique». Aujourd'hui encore, elle affirme avoir agi par compassion et amour inconditionnel.

Voilà où il faut s'interroger. Face à une personne qui réclame la mort dans un moment de dépression, de solitude ou de peur, amour et compassion exigent plutôt qu'on la soutienne, qu'on l'aide à supporter sa souffrance grâce à une présence attentive, remplie de chaleur humaine. Le juge Laramée souligne d'ailleurs que Charles Fariala n'a pas reçu le soutien qu'il était en droit d'attendre de sa mère et de la société.

Cette triste affaire illustre combien les proches de grands malades aux prises avec la tentation du suicide ont besoin du soutien de l'État et d'autres membres de la société. Elle devrait nous amener à nous interroger sérieusement sur l'appui et sur les soins qu'il faut rendre disponibles aux citoyens les plus vulnérables.

La mort de Charles Fariala démontre l'importance de lois interdisant l'euthanasie et le suicide assisté. Sans de telles lois, même les personnes déprimées et les plus vulnérables d'entre nous risqueraient d'être éliminés par ceux qui les aiment, mais dont les émotions viendraient brouiller le jugement.

Face à la souffrance, à la vulnérabilité et au désespoir de l'autre, amour et compassion véritables exigent qu'on l'accompagne dans un esprit de solidarité en l'aidant à reconnaître la valeur et la dignité inaliénables de son combat et de sa vie.