Commentaires sur le prononcé de la sentence dans la cause Latimer

lundi, 01 décembre 1997
  • Imprimer
  • E-mail

L'Organisme catholique pour la vie et la famille est voué à la promotion du respect de la vie et de la dignité humaine et à la valorisation du rôle essentiel de la famille.

Nous sommes profondément inquiets de la sentence qui fut imposée à Robert Latimer pour le meurtre de sa fille handicapée Tracy. En n'infligeant pas la peine obligatoire minimum de dix ans, la cour fait de cette cause une «exception» et par le fait même, elle envoie un message très troublant: la vie d'une personne handicapée a moins de valeur que la vie d'une autre personne. Or, ce sont précisément les personnes les plus vulnérables qui ont davantage besoin de nos soins et de notre protection.

Robert Latimer a bénéficié d'un traitement d'exception parce qu'il aurait mis fin aux souffrances de sa fille pour des motifs de compassion. Cependant, en mettant fin à ses souffrances, il a mis fin à sa vie. Si dans une condamnation pour meurtre, nous invoquons comme facteur atténuant du meurtre le bien de la personne elle-même, nous nous engageons sur une voie extrêmement dangereuse.

Sans vouloir, d'aucune façon, contester la sincérité des motifs invoqués par M. Latimer, nous sommes cependant très troublés à l'idée qu'un meurtre soit un geste qui signifie l'exercice de la compassion. Nombre de familles et d'amis témoignent de leur compassion auprès des personnes handicapées, par le respect de leur dignité et par le partage de leurs souffrances aussi pénibles que soient celles-ci. C'est ce respect pour chaque être humain et l'exercice de cette compassion qui doivent être soutenus par nos structures sociale, médicale et juridique.

Mgr Adam Exner, O.M.I. président